Les archives de Roberta Jensen / Roberta Jensen’s Archives




    En 1952, la chasseuse de nuages Roberta Jensen atterri au Bourget pour un voyage d'affaire. Elle est négociante en cristal et visite la Cristallerie-Émaillerie Saint-Joseph. Elle note sa surprise alors qu’elle traverse la place de la Mairie, son flair de pisteuse se réveille. Une sensation lourde et humide l'interpelle. Elle s'apprête à se lancer sur la piste d’une tornade quand elle regarde autour d’elle. Les tornades n'existent pas en Europe, tout du moins dans son esprit. Elle est à 6,963km des Grandes plaines de l’Oklahoma. L’Oklahoma, c’est quoi ? Vu d’en haut ça ressemble à une nappe à carreau. Blé, maïs, prairie, blé, maïs, prairie… Au milieu de ces carreaux, il y a une grande allée nommée l'Allée des tornades. C’est là que Rebecca est née et a grandi.

Elle cherchera durant une semaine l’origine de son intuition, la tempête sur le point de se lever. On trouve dans son carnet (qu’il faudra traduire) une cartographie annotée avec tous les signes et manifestations qu’elle a observé et ressenti.
Les poussières, les vibrations ainsi que des prises de températures et relevés météo, parfois aussi comme les notes d'un chant de tempête qui se forme.

Pourtant à la page 25, elle arrive à la conclusion que le phénomène perçu est invisible. Elle émet l’hypothèse qu’il a lieu sous ses pieds.
Les pages suivantes de son carnet montrent des photographies et des morceaux de film en 16mm réalisés dans l’allée des tornades, de retour chez elle.

In 1952, cloud chaser Roberta Jensen landed at Le Bourget for a business trip. She is a crystal trader and visits the Cristallerie-Emaillerie Saint-Joseph. She notes her surprise as she crosses the Town hall place (place de la Mairie), her flair of tracker wakes up. A heavy and wet sensation call her out. She is about to start looking for a tornado when she stumbles. Tornadoes do not exist in Europe, at least in her mind. She is 6.963km from the Oklahoma’s Great Plains. Oklahoma, what is it? Seen from above it looks like a tablecloth. Wheat, maize, meadow, wheat, maize, meadow ... In the middle of these tiles, there is a big drive called Tornadoes Alley. This is where Rebecca was born and raised.

She will search for a week the origin of her intuition about a storm about to hit. In her notebook (which will have to be translated) we find an annotated cartography with all the signs and manifestations she has observed and felt.
Dust, vibrations as well as temperature and weather records, and also sometimes some notes looking like a melody of a storm forming.

Yet on page 25, she comes to the conclusion that the perceived phenomenon is invisible. She expresses the hypothesis that it takes place under her feet.

The following pages of her notebook show photographs and 16mm film bits made in the tornado alley, back home.




Elle reviendra l’année suivante au Bourget avec semble-t-il un équipement professionnel de prises de données et d'étranges instruments certainement inventés durant l'année écoulée. On peut lire dans son carnet des relevés de pressions atmosphériques, des prises radars, des taux d’humidité du sol, rangés sous la forme d'une gamme de bleus-verts esthétiquement plaisant mais aussi énigmatiques photographies souterraines et une série de lignes semblant traduire une gamme acoustique. Elle a certainement partagé ses observations à la presse car on retrouve entre ses pages plusieurs articles publiés dans les journaux locaux.

Le pistage de Roberta Jensen fut rapidement oublié. Pourtant, depuis peu, un groupe de géo-techniciens a réalisé des découvertes surprenantes dans les sous-sols de Seine Saint-Denis. Une série de carottages relève une strate mystérieuse, de mémoire de géologues jamais observée ailleurs.

L’Institut Sols Fictions saisi les perspectives ouvertes par le chantier du Grand Paris pour reprendre le pistage de Jensen sur et dans les sols de Seine-Saint-Denis. À moins que les travaux même du nouveaux métro aient été pensés en haut lieux pour lever le mystère du nuage souterrain?

/She will return the following year to Le Bourget with —apparently— a professional equipment for analysis, and strange instruments certainly invented during the past year. Her diary records atmospheric pressure readings, radar readings, soil moisture levels, ranged in the form of an aesthetically pleasing range of blues-greens but also enigmatic underground photographs, and a series of lines that seem to translate an acoustic range. She certainly shared her comments with the press because one finds between her pages several articles published in the local newspapers.

The tracking initiated by Roberta Jensen was quickly forgotten. However, a group of geo-technicians has recently made surprising discoveries in the subsoil of Seine Saint-Denis. A series of cores raises a mysterious stratum, that geologists claim never have observed elsewhere.


The Institut Sols Fictions seized the prospects opened by the Grand Paris works to resume the tracking of Jensen on and into the soils of Seine-Saint-Denis. Unless the construction works of Paris’ new métro were thought primarily to unveil the mystery of the underground cloud?





Extraits du journal de Roberta Jensen / Extracts from Roberta Jensen’s journal



Mon père est américain, la mère est française. Mon père est né de nulle part en tout cas il ne sait pas trop, il a grandi dans une ferme. Enfant de la plaine, c’est un aventurier, il aime prendre des risques. Il a exercé mille métiers, technicien photo dans l’armée, chauffeur de poids lourd, serveur (là il n’a pas tenu longtemps, trop la bougeote), employé dans une distillerie…Il a surtout une passion pour la photographie et les grands espaces, le ciel. Quelque chose en lui qui ne s’accroche à rien. Il a vécu comme une averse, parti vite. Il est mort quand elle était enfant alors qu’il s’approchait trop près d’une tornade pour la photographier.

Autre page :
J’ai toujours pour habitude de noter le temps qu’il fait, je tiens cela de mon cousin (le neveu de sa mère), éleveur laitier dans la Creuse. Il m’a montré l’un de ses journaux et j’aime lire ses descriptions de soleils couchants, traînées nuageuses et tempêtes.
Nos vies n’ont rien de commun mais nous avons cela tous les deux en commun, noter le temps qu’il fait. Je suis particulièrement attentive à la couleur du ciel et à la sensation de l’humidité sur sa peau. On dit même que je sens la pluie avant qu’elle arrive, comme si je pouvais lire l’avenir.

/My father is American, my mother is French. My father was born from nowhere, anyway he does not know too much, he grew up on a farm. Child of the plain, he is an adventurer, he likes to take risks. He had a thousand occupations, as a photo technician in the army, as a truck driver, a waiter (not for a long time as he was restless), employed in a distillery ... He especially has a passion for photography , vast spaces and the sky. Something in him that does not cling to anything. He lived like a shower, quickly gone. (He died when Roberta was a child as he approached a tornado too close to photograph it) Other page: I have the habit of taking note of the weather, I learn that from my cousin (his mother’s nephew), a dairy farmer in Creuse (France). He showed me one of his journal and I like reading his descriptions of sunsets, cloud trails and storms. Our lives have nothing in common but we both have this in common, noting the weather. I am particularly attentive to the color of the sky and the feeling of moisture on his skin. It is even said that I feel the rain before it arrives, as if I could read the future.







Première boîte d’archives / First Archive Box



Roberta Jensen aime en particulier les nuages d’orages, les cumulonimbus qui naissent de la rencontre de vents contraires et qui forme un  tourbillon de vent d'une très grande force : les tornades.

La première boîte d’archives de Roberta Jensen révèle une collection de photographies, réalisée par Roberta Jensen entre 1946 et 1957 dans sa région natale. Elle tente de photographier les tornades
afin de comprendre ces phénomènes, afin de mieux les anticiper, et espère-t-elle mieux protéger.
Roberta Jensen particularly likes storm clouds, cumulonimbus clouds that arise from the meeting of contrary winds and which form a vortex of wind of great strength: tornadoes.


Roberta Jensen's first archive box reveals a collection of photographs, made by herself between 1946 and 1957 in her native region. She tries to photograph the tornadoes to understand these phenomena, in order to better anticipate them, and she hopes to better protect people.






Deuxième boîte d’archives / Second Archive Box



En parallèle de sa passion pour la chasse aux nuages, Roberta est négociante. Elle achète et vend du cristal. Savez vous justement que se trouvait au Bourget,la Cristallerie-Émaillerie Saint-Joseph? C’est ainsi que Roberta atterri au Bourget en 1952 pour une semaine.
La deuxième boîte d’archive contient des photographies de son voyage, sa découverte de la ville du Bourget et ses premières observations et relevés de présence du Cumulus Subterraneus.


In parallel with her passion for cloud hunting, Roberta is a trader. She buys and sells crystal. Did you know that the Cristallerie-Émaillerie Saint-Joseph was based at Le Bourget? That's how Roberta landed at Le Bourget in 1952 for a week. The second archive box contains photographs of her journey, her discovery of the city of Le Bourget and her first observations and records of the presence of the Cumulus Subterraneus.





Troisième boîte d’archives / Third Archive Box



Roberta Jensen revient l’année suivante au Bourget avec un équipement professionnel de prises de données et d'étranges instruments.
Contenu de la dernière boîte:

• relevés de pressions atmosphériques
• prises de vues radars
• taux d’humidité du sol
• articles publiés dans la presse locale


Elle étendra sa recherche tout autour de Paris.

Roberta Jensen returns the following year to Le Bourget with professional equipment of data collection and strange instruments.
Content of the last box:

• atmospheric pressure readings
• radar shots
• soil moisture level
• articles published in the local press

She extended her investigation all around Paris